Un robot pour cultiver les champs

robot agricole

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Au Québec, les agriculteurs affrontent des problèmes de rareté de main-d’œuvre et de productivité. Un robot électrique autonome développé par Elmec, une entreprise de Shawinigan, leur viendra bientôt en aide.

Ce robot a été conçu en collaboration avec l’Institut du véhicule innovant (IVI), un centre collégial de transfert technologique affilié au Cégep de Saint-Jérôme et InnovÉÉ, qui soutient le développement et le financement de projets en énergie électrique.

« Nous avons rencontré des dizaines d’agriculteurs pour discuter de leurs besoins et le manque de main-d’œuvre venait en tête de liste, avec le désir d’un appui dans des tâches lourdes comme le sarclage », explique Marc-Antoine Legault, chargé de projets à l’IVI. Le sarclage consiste à couper les herbes indésirables dans les champs.

La conception du robot agricole a débuté en janvier 2018. Elle faisait suite à un projet qui avait permis de développer un système de navigation autonome. Le robot a commencé à rouler en extérieur dès octobre 2019. Sa motorisation génère une puissance tractive nominale de 30 forces et il est muni de quatre roues motrices et directrices, ce qui le rend agile dans les champs.

Avec son outil de sarclage standard, il pèse deux tonnes et demie, un poids significativement inférieur à celui d’un tracteur. Un avantage important. « Pour compenser le manque de main-d’œuvre, beaucoup d’agriculteurs utilisent de plus gros tracteurs, mais ceux-ci compactent les sols, explique M. Legault. Cela les dégrade, crée des problèmes d’irrigation et en diminue la productivité. »

Travail d’équipe

Jean-Marc Pittet, président d’Elmec, explique que quatre robots autonomes qui travaillent en grappe remplacent un tracteur moyen. « Ils fonctionnent 24 heures sur 24 et se rechargent tout seuls, sans intervention humaine, précise-t-il. Les robots réalisent 50 hectares de sarclage en 18 heures. » De plus, des robots plus petits que les tracteurs sont plus précis et peuvent passer dans des rangs beaucoup plus étroits. Leur efficacité énergétique est aussi 80 % plus élevée que celle des tracteurs.

André St-Pierre, directeur général d’InnovÉÉ, se montre très enthousiaste vis-à-vis ce projet, que son organisme a activement soutenu. « Le robot répond à des besoins réels en agriculture et présente un potentiel commercial intéressant, au Québec et ailleurs dans le monde, souligne-t-il. De plus, sa technologie de navigation est transversale et pourra s’appliquer dans des domaines autres que l’agriculture. » En plus de ses qualités intrinsèques, le robot a constitué une bonne occasion de former des étudiants et de développer une expertise qui pourra servir à d’autres projets.

Jean-Marc Pittet a grandement apprécié l’appui de ses partenaires. Il qualifie les ingénieurs d’IVI de « compétents, débrouillards et capables de trouver des solutions rapidement ». L’équipe de l’IVI était relativement restreinte. Elle se composait de deux ingénieurs mécaniques, d’un ingénieur électrique et d’un ingénieur informatique, en plus de quelques techniciens et étudiants. Deux chercheurs possédaient une maîtrise en robotique et tous avaient une certaine expérience en contrôle et architecture de système automatisé. « Ils ont réussi à mener rondement ce projet », se réjouit M. Pittet.

Le robot agricole pourrait être commercialisé au Québec dès 2021.