Les vêtements intelligents d’Hexoskin enrôlés dans la lutte contre la COVID-19

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La firme montréalaise Hexoskin a développé depuis sa création en 2006 une expertise de pointe dans les vêtements intelligents, les logiciels de science des données et l’intelligence artificielle (IA). Depuis le mois de mars, elle collabore à la recherche sur la COVID-19.

 

« L’objectif est d’essayer de prédire l’évolution de la maladie et les risques de complications en suivant ces patients à distance, à l’aide d’un chandail connecté, explique le PDG Pierre-Alexandre Fournier. Garder plus de malades à la maison allégerait le fardeau des systèmes de santé. »

 

Les vêtements intelligents d’Hexoskin collectent des données biométriques, comme la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, la ventilation par minute, etc. Or, la difficulté à respirer constitue un important indicateur d’aggravation de la COVID-19. Recueillir et analyser des données sur cet indicateur permettra de développer des algorithmes d’IA pour établir, avec une grande précision, le moment où un patient doit entrer à l’hôpital. Cela éviterait que des malades décèdent parce qu’ils n’ont pas reçu de soins en temps opportun, tout en régulant mieux l’achalandage dans les centres de santé.

 

La spécialité d’Hexoskin se situe sur le plan des capteurs, de l’analyse de données et de l’IA. Le développement de vêtements intelligents exigeait toutefois aussi une expertise en habillement, qu’Hexoskin a trouvé du côté de Vestechpro, le Centre de recherche et d’innovation en habillement du Cégep Marie-Victorin.

 

Un vêtement hors de l’ordinaire

 

« C’est complexe de créer un vêtement truffé de capteurs, souligne Pauline Kaci, directrice générale de Vestechpro. Il faut trouver le bon tissu et le design adéquat, afin que le vêtement s’adapte à différentes morphologies et à des usages et mouvements variés. » Le design et les méthodes d’assemblage doivent aussi assurer que la confection ne brise pas les fils conducteurs.

 

« Le principal défi était d’intégrer à un vêtement des capteurs qui sont habituellement collés sur le patient » explique Payam Lazemi, gestionnaire de la recherche et de l’innovation de Vestechpro. Cela a impliqué une étude approfondie de la morphologie du corps humain afin de s’assurer que les capteurs soient en tout temps à l’endroit voulu sur le corps humain afin d’avoir un signal clair. Plusieurs essais sur participants ont été réalisés afin de valider l’efficacité des capteurs selon les différentes morphologies.

Le second défi relevé par Vestechpro a été la recherche des matériaux textiles. D’une part, le textile principal composant se devait d’être confortable et respirant tout en apportant un niveau de compression suffisant pour assurer l’efficacité des capteurs. D’autre part, des tissus conducteurs répondant à plusieurs exigences dont le confort et la résistance au lavage ont été recherchés et évalués afin d’offrir un vêtement intelligent durable.

 

Hexoskin a continué à raffiner ses vêtements depuis lors. L’entreprise collabore avec des universités, des centres de santé, la Gendarmerie royale canadienne et même l’Agence spatiale canadienne. En 2019, l’astronaute David Saint-Jacques a testé dans l’espace un biomoniteur fabriqué pour mesurer et enregistrer les signes vitaux dans un environnement de microgravité. « Nous avons des clients partout dans le monde, ce qui correspond au positionnement mondial que nous avons adopté dès le départ afin de rejoindre une grande communauté de recherche », conclut M. Fournier.