Anatis Bioprotection, une alternative naturelle contre les ravageurs de culture

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Chaque année, les insectes et acariens ravageurs causent des dommages importants dans les cultures au Québec. Anatis Bioprotection, une entreprise de Saint-Jacques-le-Mineur, développe et commercialise des solutions naturelles et biologiques afin de les combattre.

Le principe est toujours le même : il faut dénicher une espèce d’insectes ou d’acariens bénéfiques qui s’attaque à l’insecte ou à l’acarien dont on souhaite se débarrasser. Par exemple, dans le cas du Tricho-Maïs, il s’agit de petites guêpes nommées trichogrammes. Ces minuscules soldats luttent très efficacement contre plusieurs ravageurs, notamment la pyrale du maïs. « Elles cherchent les œufs de la pyrale et y pondent leurs propres œufs », raconte la présidente d’Anatis, Silvia Todorova. Le ravageur se trouve donc littéralement tué dans l’œuf !

Anatis a développé l’un de ses produits phares, le BioCeres, en collaboration avec le Centre d’études des procédés chimiques du Québec (CÉPROCQ), un centre collégial de transfert technologique (CCTT) affilié au Collège de Maisonneuve. Ce bio-insecticide se fabrique à partir du microchampignon Beauveria bassiana. Ce dernier existe à l’état naturel dans le sol et s’attaque à plusieurs espèces d’invertébrés. Il s’attache à la peau des insectes et cause leur mort, sans affecter les plantes.

 

Tir de précision

Cela semble simple, mais développer ce bioinsecticide a représenté tout un défi pour Anatis. « Il existe des millions de souches de ce champignon et nous procédons d’abord à l’identification de celle qui est pathogène seulement pour l’insecte visé, explique Mme Todorova. Nous devons ensuite développer un produit efficace, que l’on pourra entreposer à long terme, qui s’adaptera à la fabrication de masse et que les agriculteurs pourront utiliser facilement. »

Une fois la bonne souche isolée, il reste donc tout un travail à accomplir pour mettre au point la formulation optimale. C’est ici qu’intervient le CÉPROCQ, avec lequel Anatis collabore depuis plus de cinq ans. « Au départ, le produit ne se dispersait pas bien dans l’eau, illustre la chercheuse Fabienne Biasotto. À cause de cela, il ne se répandait pas de manière égale sur les cultures et il y avait des pertes à l’application. Nous avons sélectionné des ingrédients comme des dispersants et des agents tensioactifs, pour alourdir et parvenir à disperser la poudre de champignon. »

Un défi décuplé par le fait qu’Anatis tient à conserver le label bio. Les ingrédients ajoutés doivent donc répondre à une série de normes de Santé Canada ou d’organismes de certification biologique. L’entreprise a aussi souhaité élaborer des formulations différentes après son succès avec la poudre. Elle a collaboré avec le CÉPROCQ à la conception de versions semi-liquides et de comprimés et poursuit le travail aujourd’hui sur des granules. « Nous avançons vite et bien avec eux, car leur équipe comprend plusieurs chercheurs habitués de mener ce type de projets », souligne Naïma El Mehdi, elle-même chercheuse au CÉPROCQ.

Une opinion partagée par Mme Todorova. « Nos équipes se complètent à merveille et nous sommes tous très centrés sur la recherche de solutions optimales, se réjouit-elle. Nous allons certainement continuer à travailler avec eux. »

Photo de l’équipe prise devant le système qu’a développé le CÉPROCQ pour quantifier les poussières lors de la manipulation des granules. De gauche à droite, vous avez : Martin Nadeau, Fabienne Biasotto, Denis Désilets, Serge Lapointe, Naima El Mehdi et Silvia Todorova.