11 propositions pour mettre l’innovation au cœur de la relance économique

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La crise sanitaire causée par la COVID-19 a eu des impacts soudains sur tous les Québécois ainsi que sur les entreprises et les organisations de recherche qui travaillent au quotidien avec ces dernières afin de les aider à relever leurs défis. Sous l’impulsion de Synchronex et de QuébecInnove, quatre entreprises et six organisations de recherche se sont réunis dans un comité de gestion et de sortie de crise afin de discuter des enjeux que vivent les entreprises et les membres de QuébecInnove et de développer des stratégies communes pour outiller les dirigeants et préparer les scénarios de relance économique. C’est dans cette optique que le comité dépose, dans un esprit de collaboration, une série de onze propositions au gouvernement du Québec afin que ce dernier fasse de l’innovation un des éléments phares de la relance économique.  Voyez la lettre ouverte publiée par le comité à cet effet dans La Presse du 8 juin 2020.

A – Des actions immédiates

Depuis le début de la crise, des centaines d’entreprises ont levé la main afin de revoir leurs chaînes de production pour développer des équipements de protection individuelle nécessaires pour les travailleurs du milieu de la santé. Grâce au Bureau de l’innovation du ministère de la Santé, les bases pour un processus simplifié pour les entreprises désirant vendre leurs innovations au gouvernement ont été déployées. La Santé devenant plus que jamais un secteur stratégique et prioritaire, l’agilité du réseau et de sa chaîne d’approvisionnement passeront notamment par le recours à des fournisseurs innovants et québécois. Dans un autre domaine stratégique, celui de l’agroalimentaire, l’approvisionnement local des denrées s’est avéré primordial au cours des dernières semaines et tendra à le rester. La crise a également eu un impact sur les organisations de recherche et d’innovation collaborative qui sont des leviers importants pour les entreprises québécoises. Le maintien de leurs capacités d’action à court terme est essentiel afin qu’elles puissent continuer à aider les entreprises dès la reprise. Voici les propositions soumises par le comité à cet effet.
Propositions

  1. Valoriser les innovations québécoises ayant un impact notamment dans les secteurs de la santé et de l’agroalimentaire, en assouplissant les processus d’analyse des propositions soumises par les entreprises et groupes de recherche ainsi que l’encadrement réglementaire entourant l’utilisation de nouvelles technologies afin que l’État soit plus agile dans sa capacité à soumettre des contrats où à financer les organisations concernées.
  2. Assouplir rapidement les cadres normatifs des programmes de financement de projets de recherche collaborative du gouvernement du Québec afin, notamment, de les rendre plus flexibles dans l’application des termes et d’assurer leur continuité dans l’éventualité où un partenaire industriel manque de fonds en raison du contexte.
  3. Soutenir les organisations de recherche comme les universités et les CCTT non admissibles aux aides fédérales en raison de leur structure de gouvernance afin de maintenir leur capacité d’action auprès de entreprises.

B- Des mesures pour la reprise

Au Québec, l’État a un rôle de catalyseur économique important qui, sans doute, va s’accentuer dans le cadre de la relance. Le gouvernement a la capacité de donner des contrats, d’investir dans des créneaux stratégiques et d’encourager la commercialisation des innovations faites au Québec.  Dans un contexte où l’innovation des entreprises jouera un rôle déterminant sur la croissance et sur l’économie, l’agilité des programmes et la rapidité de traitement doivent également être des facteurs prioritaires des mesures qui seront mises en place.  Voici les propositions soumises par le comité à cet effet.
Propositions

  1. Miser sur des programmes et initiatives à fort potentiel d’impact pour les entreprises, dont le programme Innovation et augmenter l’enveloppe dédiée à ce programme;
  2. Accélérer le traitement des programmes existants en matière d’innovation collaborative et offrir davantage d’autonomie aux mandataires des programmes pour les gérer et amender leurs dispositions contractuelles;
  3. Proposer une grande série de contrats publics sous la forme de projets pilotes ou de projets en formule « bac à sable réglementaire » afin d’octroyer, dès la reprise économique, des contrats à des entreprises québécoises dans le cadre de projets d’innovation.
  4. Développer rapidement des programmes qui proposent des effets de levier / effets multiplicateurs pour favoriser les projets d’innovation dont le développement, la mise à l’échelle et la commercialisation se font en tout ou en partie par et pour des organisations québécoises;
  5. Analyser les besoins en matière de certification et de normalisation internationale pour les secteurs stratégiques, tout en évitant les duplications, et soutenir les organisations conséquentes afin qu’elles puissent développer les infrastructures et l’expertise nécessaires à la conduction de ces tests sur notre territoire au profit des industries et des entreprises québécoises.

C – L’après-crise – des mesures pérennes

La crise actuelle est une opportunité unique pour doter le Québec d’outils puissants qui permettront aux entreprises innovantes d’ici d’avoir accès aux contrats publics et de pouvoir compétitionner sur la scène internationale. Le contexte actuel est également propice à davantage de flexibilité de la part des différents paliers de gouvernement. Afin d’accélérer les projets d’innovation et d’investissement au sein des entreprises, allègement réglementaire pourra également s’avérer salutaire. Le comité propose que le développement des mesures phares pour accélérer l’innovation au Québec se fasse en collaboration avec les acteurs de l’écosystème de l’innovation.  Voici les propositions soumises par le comité.
Propositions

  1. Revoir la règle du plus bas soumissionnaire dans les contrats publics afin de favoriser le développement d’infrastructures physiques ou numériques innovantes et plus durables tout en établissant une chaîne d’approvisionnement stratégique basée sur la haute valeur ajoutée en matière de produits et services ;
  2. Réviser les processus d’attribution des contrats publics afin de permettre aux entreprises québécoises de moyenne taille et aux startups de compétitionner avec les grands joueurs internationaux, notamment dans le secteur des nouvelles technologies, en proposant, dans les secteurs stratégiques, une liste de fournisseurs préapprouvés par le gouvernement du Québec pouvant s’appliquer également aux municipalités;
  3. Développer une coopérative / un collectif de brevets afin de favoriser la protection de la propriété intellectuelle pour les PME québécoises. Ce collectif pourrait bénéficier d’un fonds de défense géré par la CDPQ ou Investissement Québec.

Liste des signataires

  • Simon-Pierre Diamond, directeur des affaires gouvernementales, Element AI
  • Martin Enault, président de Revivre
  • Isabelle Foisy, pdg de QuébecInnove
  • Francis Fournier, pdg de COREM
  • Marie Gagné, pdg de Synchronex
  • Olivier Grenier, directeur du bureau de la recherche, Polytechnique Montréal
  • Paulette Kaci, dg de Vestechpro
  • Marie-Claude Lagacé, pdg de Humanovis
  • Denis Lafrance, pdg de OPTECH
  • Patrice Lavoie, vice-président développement des affaires, Varitron
  • Alain Lemieux, associé de Noovelia
  • Luc Sirois, PDG de Prompt

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