Publication de l’étude sur Les PME du Québec et l’innovation

Un portrait des moteurs et des freins à l’innovation pour nos entreprises

Montréal, le mercredi 6 novembre 2019. — Bien comprendre les moteurs et les freins à l’innovation est essentiel quand on travaille à l’émergence d’une véritable culture de l’innovation dans le tissu économique du Québec. C’est dans cet état d’esprit que QuébecInnove, le Fonds de solidarité FTQ et Ernst & Young LLP (EY Canada) publient aujourd’hui les résultats d’une étude de Léger sur Les PME du Québec et l’innovation, apportant un éclairage nouveau sur les différents enjeux rencontrés par les PME selon leur taille, leur vocation et leur organisation.

Pour les collaborateurs à l’origine de cette étude, les résultats sont une invitation pour tous les acteurs de l’écosystème de l’innovation, à adapter leur approche à la réalité vécue au quotidien par les PME qui sont au cœur de la vitalité économique du Québec sur tout le territoire.

Citations des collaborateurs

Isabelle Foisy, présidente-directrice générale de QuébecInnove : « Le Québec est une économie de PME et ces dernières recèlent des potentiels d’innovation et de croissance importants. Cette étude témoigne de nombreux facteurs de succès pour le développement de l’innovation au sein des entreprises. Elle révèle toutefois un angle mort, celui des PME de 25 à 100 employés qui ont besoin de ressources et d’un soutien adapté à leurs situations spécifiques. Alors que l’économie du Québec fonctionne à plein régime, les PME, notamment les plus petites, en ont souvent plein les bras avec la gestion de leurs opérations et trouvent difficilement le temps de se projeter dans l’avenir. La structure de gouvernance d’une entreprise peut faire une différence quant à son développement et aux réflexes qu’elle développe en matière d’innovation et ce sondage nous le démontre clairement. »

Alain Denis, Vice-président principal aux investissements, Fonds de solidarité FTQ : « Seulement 60 % des PME disent consulter leurs employés relativement à l’arrivée de nouvelles technologies ou d’innovations à implanter. Les entreprises doivent maximiser davantage l’engagement des employés à toutes les étapes du processus d’innovation. C’est en favorisant cet échange que s’installe une culture d’innovation et que nos entreprises deviendront plus concurrentielles. Les transitions qui s’amorcent doivent être justes et être réalisées en collaboration avec tous les groupes de la société. Le Fonds de solidarité FTQ fera sa part ».

Stéphanie Jean, fiscaliste et associée chez EY Canada : « Les entreprises ont de la difficulté à identifier les différents programmes gouvernementaux d’aide ou de subvention en appui à l’innovation ou à la recherche et développement qui leur sont pertinents. Elles s’accordent également pour dire que ces programmes ne sont pas adaptés à leur réalité. EY a effectué une analyse comparative dans plus de 40 pays sur les écosystèmes les plus performants et leurs programmes. Ceux qui arrivent à tirer leur épingle du jeu sont les écosystèmes structurés et coordonnés permettant aux gouvernements d’intervenir directement, avec seulement quelques programmes stratégiques répondant à leurs besoins. »

FAITS SAILLANTS ET ANALYSE DES RÉSULTATS

La grande majorité des entreprises considère l’innovation comme un facteur clé de succès

  • 78 % des dirigeants de PME considèrent que les efforts en innovation de leur entreprise peuvent favoriser l’augmentation de sa productivité.
    • 67 % considèrent que ces efforts peuvent permettre d’attirer et retenir la main-d’œuvre.
  • Les plus grands défis et besoins des PME en matière d’innovation?
    • Les besoins en main-d’œuvre spécialisée (59 %)
    • Prendre le virage numérique/technologique (44 %)

Les PME qui ressentent l’urgence d’innover sont déjà en mouvement. Parmi elles, on retrouve des exportatrices, des entreprises manufacturières, des entreprises de plus de 150 employés qui ont intégré une culture de l’innovation dans leur structure de gouvernance :

  • Les PME gérées par un CA investissent deux fois plus que la moyenne en pourcentage du chiffre d’affaires investi en R-D/innovation (8 % contre 3,6 %).
    • De plus, 47 % des entreprises gérées par un CA et un comité de gestion ont un dirigeant responsable de l’innovation. C’est 50 % plus élevé que la moyenne (31 %).
  • 84 % des entreprises de 150 employés et plus ont développé une innovation au cours des 12 derniers mois (comparativement à 57 % en moyenne).

Cela dit, on s’étonne de l’optimisme des entreprises qui considèrent être préparées pour faire face aux perturbations technologiques à venir alors que, dans les faits, les investissements sont très inégaux :

  • 70 % des entreprises considèrent être très préparées ou assez préparées à faire face aux perturbations qui pourraient se produire dans leur industrie en raison de l’arrivée des technologies de pointe et d’innovations.
  • Toutefois, 42 % des PME n’ont développé aucune innovation au cours des 12 derniers mois.
  • Et 69 % des PME ont investi 1 % ou moins de leur chiffre d’affaires en innovation et R-D durant la dernière année.

Une analyse approfondie des données révèle d’ailleurs un angle mort dans les efforts de soutien à l’innovation pour les entreprises de 25 à 100 employés, qui ont besoin de ressources et de programmes adaptés à leur réalité spécifique :

  • 57 % considèrent que les programmes gouvernementaux d’aide à l’innovation ne sont pas adaptés à leur réalité.
  • Les entreprises de 25 à 100 employés sont plus nombreuses que la moyenne à ne pas avoir développé d’innovation au cours des 12 derniers mois (45 % contre 42 %).
  • 55 % développent des projets uniquement avec des ressources internes, donc sans partenaires.

Précisions méthodologiques : Le sondage téléphonique a été réalisé entre le 12 septembre et le 16 octobre 2019, auprès d’un échantillon de 800 décideurs dans des PME de 25 à 250 employés au Québec. Cet échantillon a été généré aléatoirement à partir de la base d’échantillonnage INFO-Canada et ASDE. Afin d’assurer un échantillon représentatif de la population à l’étude, les résultats du sondage ont été pondérés en fonction du nombre d’employés, selon les informations disponibles dans la base d’échantillonnage. À titre de comparaison, un échantillon probabiliste de même taille (n = 800) aurait une marge d’erreur de +/- 3,5 %, et ce, 19 fois sur 20 (dans 95 % des cas).

Le rapport complet de l’étude Léger Les PME et l’innovation est disponible sur le site Web de QuébecInnove à www.quebecinnove.com/sondage.

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Information :

Ludovic Soucisse, directeur des communications et des affaires publiques
QuébecInnove
T : 514-437-8899 p.223 |