Tomber dans la marmite de l’assurance vie

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Emma est la première plateforme à offrir l’assurance vie en ligne. Avec son approche simple et personnalisée, l’entreprise a aidé plus de 65 000 familles depuis 2017. Venant complètement changer les paradigmes de l’industrie, Félix et Jacomo Deschatels permettent à qui que ce soit de se procurer, via clavardage, du confort de son foyer, en 20 minutes une assurance vie qui ne requiert aucun examen médical, ni appel et qui, de surcroît est non-discriminant pour les femmes. Rencontre avec Félix, un entrepreneur qui ose challenger le statu quo.

Pouvez-vous nous raconter les origines d’Emma et ce qui vous a amené à créer cette entreprise ?

Félix : « Mon frère et moi n’avons pas choisi l’assurance vie. Nous sommes tombés dedans lorsque nous étions jeunes. Notre père était directeur pour l’Abitibi-Témiscamingue pour iA Groupe financier (Industrielle Alliance) et on parlait toujours d’argent autour de la table. L’été, on faisait même du porte à porte afin de l’aider dans son développement des affaires ! On a tout fait pour ne pas œuvrer dans ce domaine et malgré cela, nous étions toujours ramenés vers ça. 

Notre père nous disait que si on voulait être entrepreneur, on devait identifier un marché où il y avait une résistance au changement. Grâce à notre expérience, on a rapidement constaté que l’assurance vie pouvait être une niche intéressante. C’est suite à ce constat qu’on a décidé de mettre sur pied notre propre cabinet en planification financière afin de mieux comprendre l’industrie et cerner les problématiques. Cette expérience nous a amenés à constater que nous étions toujours sur la route malgré le fait qu’il s’agisse d’un métier qu’il était aisément possible de réaliser à distance. La résistance que l’on cherchait était là, sous nos yeux. 

C’est suite à ce constat que Jacomo et moi avons lancé une plateforme de courtage en ligne qui est ensuite devenue Emma. Nous avons vendu notre cabinet l’an dernier afin de pouvoir nous dédier entièrement à la croissance de notre entreprise en technologies. » 

 

Est-ce que vous avez rencontré de la résistance au changement ? 

Félix : « Du côté de l’industrie, nous avons rencontré – et continuons de rencontrer – une foule d’embûches. Toutefois, les consommateurs étaient prêts, et ce, même s’ils souhaitent se faire rassurer lorsqu’ils procèdent à l’achat étant donné qu’il s’agit d’un achat fort émotif et complexe pour la majorité des gens. 

À ce jour, nous sommes les seuls au monde à offrir une technologie de clavardage permettant l’achat d’assurance vie. Puisqu’il s’agit d’une industrie lourdement réglementée et où ce ne sont pas les formulaires qui manquent, nous avons dû trouver des manières d’éviter les doubles entrées. Ce fut un réel casse-tête puisque rien n’était intégré. De plus, l’humain est notre priorité et nous souhaitions conserver cet aspect même si les achats s’effectuent en ligne. »

Qui furent vos premiers clients ?

Félix : « Puisqu’on a développé un format que les milléniaux ainsi que les jeunes familles utilisaient déjà, ils furent naturellement les premiers à se procurer une assurance vie via Emma. Il n’y avait pas de blocage au niveau de la crédibilité. Toutefois, pour y parvenir, on a dû travailler fort afin de diminuer le temps de la transaction traditionnelle afin que le tout soit acceptable dans le cadre d’un achat en ligne. Nous sommes donc passés d’une moyenne de 90 minutes en personnes et 4 à 6 semaines avant d’obtenir une décision de l’assureur, à moins de 20 minutes et une décision instantanée sur Emma !

De plus, on a découvert que nous avons de bien meilleurs résultats au niveau des coûts d’acquisitions en comparaison à d’autres compagnies d’assurances, ce dont nous sommes extrêmement fiers. » 

Emma a lancé en mars 2020 le premier produit non discriminant pour les femmes enceintes au monde. Comment y êtes-vous parvenus ?

Félix : « Il y a eu plusieurs moments où nous avons dû appeler des jeunes femmes enceintes pour leur annoncer que leur assurance vie allait être différée. La situation était inconfortable et en plus d’un profond malaise, cela nous semblait illogique puisque les femmes ont une plus grande espérance de vie que les hommes. Pour nous, créer la vie, ne devrait pas être traitée comme une maladie! Le problème venait du fait que personne n’avait remis en question le tout depuis les 50 dernières années. Nous avons donc forcé la main à notre assureur et réassureur à cet effet. Ils ont fait un travail de fond sur les conditions de risques et comme ils souhaitaient innover également, nous pouvons aujourd’hui assurer cette clientèle sans soucis ! » 

Comment avez-vous bâti une culture d’innovation à l’interne?

Félix : « L’assurance vie est un produit ultra émotif. Il était primordial pour nous que le client demeure au centre du processus. Nous impliquons notre équipe dans l’ensemble des étapes de conception du produit. Nous avons également systématisé les rétroactions de clients. Nous effectuons également un atelier d’équipe chaque trimestre afin de repenser l’entreprise, ce qui nous permet d’identifier de nouveaux enjeux et de demeurer compétitifs.

Pour moi, la clé dans l’innovation, c’est de prendre à coeur sa mission. Si je ne prenais pas à coeur la situation des femmes enceintes par exemple, je n’aurais pas challengé l’assureur et mis l’ensemble de mon entreprise à risque. Les gens doivent s’approprier des projets pour innover. Ils doivent y croire dur comme fer. »