L’innovation pour combattre l’exclusion

Crédit : Dorothée de Collasson pour Exeko

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Depuis 2006, l’organisme à but non lucratif (OBNL) montréalais Exeko met la créativité artistique et philosophique au service de la lutte contre l’exclusion sociale sous ses différentes formes. 

L’OBNL travaille en collaboration avec des organismes communautaires qui accueillent des personnes en situation d’itinérance, des jeunes en difficulté, des membres de certaines communautés culturelles ou des réfugié(es) « Nos projets visent à ouvrir des espaces de réflexion et à créer des opportunités d’éducation sur des sujets comme la participation citoyenne, l’esprit critique ou la justice sociale et culturelle », illustre William-Jacomo Beauchemin, chargé de recherche et des laboratoires.

 

Crédits photos : Mikael Theimer pour Exeko

L’initiative idAction représente depuis 2006 l’un des projets phares d’Exeko. Ses médiateurs(trices) se rendent dans des lieux comme des refuges, des centres de jour en itinérance, des communautés autochtones, des écoles, etc. afin d’y tenir des ateliers visant à libérer le potentiel artistique et réflexif de personnes qui vivent, ont vécu, ou sont à risque de vivre de l’exclusion.

Depuis 2012, une version mobile d’idAction sillonne certains quartiers de la ville. Une camionnette remplie de livres, revues, carnets, crayons et matériel d’art devient un point de convergence pour des populations marginalisées. Avant la pandémie, elle rencontrait plus de 1 000 participants(es) par année. Cette « caravane philosophique » se veut un lieu de discussion d’égal à égal autour de certains enjeux sociaux et partage avec ces personnes les moyens de lire, d’écrire et d’exprimer leur potentiel artistique.

« Nous avons une culture d’innovation continue dans laquelle nous croisons les savoirs de plusieurs domaines comme l’art, la philosophie, les sciences humaines et l’intervention sociale, ce qui nous permet de développer des approches et des outils très raffinés et très bien adaptés aux populations et aux objectifs », précise M. Beauchemin.

 

La culture pour tous

Depuis 2016, Exeko a lancé un autre projet innovant : le Laboratoire Culture Inclusive. Ce projet de recherche-action concernant l’accessibilité et l’inclusion dans le milieu de la culture a été mené en partenariat avec onze grandes institutions culturelles— dont l’Orchestre symphonique de Montréal, Bibliothèque et archives nationales du Québec et le Musée des Beaux-Arts de Montréal — et neuf organismes communautaires.

Les partenaires ont d’abord analysé les politiques d’accessibilité de ces institutions, avant d’utiliser le théâtre invisible pour documenter les réactions institutionnelles face à la marginalité. Le théâtre invisible consiste à jouer des scènes dans des endroits publics, devant des gens qui ignorent qu’ils voient des acteurs et actrices et croient plutôt assister à un événement réel. Cela permet ensuite d’évaluer les réactions de ces individus et d’identifier des comportements conscients ou non qui excluent certains publics des institutions.

 

Credits photos : Amandine Gazut pour Exeko

Dans un troisième temps, des personnes touchées par l’exclusion ont participé à des sorties culturelles, précédées et suivies d’un atelier. « Tout cela nous a amenés à rédiger une charte d’accessibilité avec ces partenaires culturels, afin qu’ils possèdent des outils et des orientations éthiques pour favoriser l’accès aux institutions culturelles, mais aussi la représentation des personnes marginalisées dans le milieu de la culture », explique M. Beauchemin.

Exeko travaille maintenant à la création d’un laboratoire complémentaire au précédent, le Laboratoire parole inclusive, afin soutenir la prise de parole publique par des groupes marginalisés, notamment à la radio.