Gérer son bien-être grâce à une application mobile

Mesurer et améliorer son bien-être est maintenant possible grâce à une application mobile de la firme montréalaise inpowr. Cet outil peut aussi aider une entreprise à évaluer et augmenter le niveau de santé et de bien-être de son personnel.

 

L’innovation s’inspire des travaux de Serge Jeudy dont les recherches ont démontré dès les années 1980 qu’une activité faite avec passion vient équilibrer une personne non seulement sur le plan physique, mais également mental et social. « L’application d’inpowr mesure ainsi le niveau de bien-être dans ces trois dimensions, explique Michel Chioini, co-fondateur et PDG d’inpowr. Il permet de repérer les perturbations, d’établir un programme pour les corriger, puis de procéder à une nouvelle analyse et ainsi de suite ».

 

Un outil précis

Cette analyse psychométrique consiste à s’évaluer sur une série de 30 énoncés tels « je me sens en forme », « je suis bien chez moi », « je suis en sécurité financièrement » ou encore « j’ai de bonnes relations avec mes proches ». Les réponses spontanées servent à mesurer le ressenti dans six secteurs (l’esprit, la tête, le milieu, le corps, les relations et les réalisations). Une fois le bilan réalisé, on peut établir un plan d’action pour travailler sur les points faibles.

La version pour les organisations et les entreprises permet d’obtenir un baromètre du bien-être de l’ensemble de l’équipe en un coup d’œil et de suivre son évolution dans le temps. L’application aide donc à mieux cibler les interventions et à agir en prévention pour maintenir et améliorer le mieux-être des travailleurs.

Estelle Morin, chercheuse à HEC Montréal, étudie notamment la santé mentale et l’intelligence émotionnelle au travail. Elle juge la méthode d’inpowr très intéressante, car elle se démarque des outils qui ne mesurent que la santé physique ou seulement la santé psychologique. En cela, elle se rapproche de la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui considère la santé comme un état de bien-être complet physique, mental et social et non seulement une absence de maladie.

Mme Morin collabore avec inpowr dans un effort de validation de l’échelle psychométrique utilisée dans l’application. Un exercice d’autant plus complexe que les énoncés doivent conserver exactement le même sens en français et en anglais. Ils doivent également être rédigés assez simplement et clairement pour être compris par tous de la même manière.

« Il faut vérifier que les énoncés sont fiables, c’est-à-dire qu’ils ne comportent pas d’erreurs, et aussi qu’ils sont valides et mesurent bien ce que l’on souhaite mesurer », explique Mme Morin. Afin d’évaluer la validité de l’échelle d’inpowr, elle est comparée à d’autres outils qui ont fait leurs preuves, comme le questionnaire de santé générale de Goldberg (GHQ), l’échelle de détresse psychologique de Kessler ou l’échelle d’engagement au travail d’Utrecht.

Il s’agit d’un travail en continu et l’analyse de la validité de l’échelle se poursuivra dans les prochains mois, à l’aide des résultats obtenus avec l’application actuelle.