Une technologie de rupture au service des autistes et de leurs proches

Technologies HOP-Child, une startup de Sherbrooke, s’est donnée pour mission de développer de nouvelles approches d’intervention auprès des enfants autistes. Il s’agit à la fois d’aider les autistes eux-mêmes, mais aussi leurs proches aidants.

Sa suite technologique comprend notamment un avatar sur une tablette numérique, lequel permet de communiquer avec l’enfant sur les plans auditifs, visuels et tactiles par l’entremise d’un bracelet connecté. « Les autistes peinent à décoder les expressions faciales, les nuances de tons de voix et d’autres éléments de la communication humaine, explique Marc-Antoine Pelletier, cofondateur d’HOP-Child. À l’inverse, ils répondent bien aux humanoïdes, car ils sont plus neutres et très simples à comprendre pour les enfants. »

L’innovation est présentement dans sa phase d’essais cliniques. On la teste dans un laboratoire vivant, au sein de la réputée école À pas de géant. Il s’agit d’évaluer son efficacité pour améliorer le niveau d’attention des enfants, la vitesse à laquelle ils transitent d’une activité à l’autre et leur capacité d’apprentissage scolaire.

Un tel projet exige la collaboration de nombreux partenaires, tels le C2MI, l’Université de Sherbrooke, le CEFRIO, MEDTEQ ou encore l’École de technologie supérieure. « Il faut créer tout un écosystème de recherche pour développer des applications dans un domaine aussi délicat et chacun de nos collaborateurs joue un rôle important », précise M. Pelletier.

La commercialisation débutera en 2019

« MEDTEQ a accompagné Techologies HOP-Child dans l’élaboration du projet de recherche à l’école À pas de géant, notamment pour établir le protocole et les collaborations avec les partenaires, en plus de financer 20 % de cette étude de validation », illustre Meryeme Lahmami, responsable du développement des affaires et chargée de projet de MEDTEQ.

De son côté, le Cefrio réfléchit à une gestion optimale de l’implantation de cette technologie de rupture proposée par HOP-Child et documente les facteurs qui facilitent ou au contraire freinent cette implantation. « Il s’agit de créer une modélisation de cette implantation pour faciliter les prochaines utilisations de l’innovation dans différents milieux » souligne Sabrina Boutin, directrice de projet, santé au Cefrio. Le Cefrio évalue donc les meilleures stratégies de mobilisation des partenaires, d’implantation de l’innovation, d’évaluation et de transfert des connaissances.

L’année 2019 marque le lancement d’une version bêta, laquelle permettra d’amorcer la commercialisation du produit. Cela aidera à soutenir financièrement les efforts d’HOP-Child, qui continuera en parallèle ses essais cliniques. Mener des recherches coûteuses dans des secteurs aussi règlementés que la santé et l’éducation constitue un véritable défi pour une jeune entreprise pas encore pleinement commerciale.

Toutefois, M. Pelletier s’encourage en raison des résultats intéressants obtenus lors des essais. Il mentionne, par exemple, que l’avatar réduit de plus de moitié le temps nécessaire aux jeunes autistes pour passer d’une activité à une autre ou pour changer de vêtements. D’autres résultats montrent que les enfants accompagnés du système deviennent plus autonomes et comprennent mieux les consignes. Cela réduit les interventions que doivent effectuer les aidants.

Loin de se limiter au Québec, l’innovation d’HOP-Child a un fort potentiel d’exportation, lequel sera exploré dans les années à venir.

Écouter une chronique sur Radio-Canada – Un avatar pour aider les enfants autistes