Une innovation sauve 100 000 dollars par année à Sanimax

Sanimax est une entreprise spécialisée dans la récupération de sous-produits de viande et d’animaux, de peaux et de matières organiques. L’un de ses principaux défis est de traiter l’air et de contrôler les émanations d’odeurs que dégagent ses installations. Une collaboration avec le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) lui a permis de mieux relever ce défi, tout en réduisant ses dépenses.

Depuis 2006, l’usine de Lévis de Sanimax utilisait sur ses cheminées sept biofiltres composés principalement de copeaux de bois, conçus en collaboration avec le CRIQ. « Ces biofiltres devaient être remplacés au cinq ans, au coût d’environ 200 000 dollars l’unité », explique le directeur général Éric Caputo.

Du béton concassé

Le CRIQ, conscient de ces coûts, a proposé à l’entreprise de mener un projet de recherche conjoint pour développer des matériaux de garnissage des biofiltres plus durables. « Ils devaient être autant ou plus efficaces que les précédents, plus économiques et fabriqués à partir de résidus », précise Nicolas Turgeon, expert en contrôle des émissions atmosphériques et changements climatiques du CRIQ.

Afin d’identifier une dizaine de matériaux, le CRIQ a fait appel au Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI), affilié au Cégep de Sorel-Tracy. Des simulations ont par la suite été menées à l’usine de Sanimax pour identifier la solution la plus prometteuse. Au final, le choix s’est porté sur les résidus de béton. Ils remplacent désormais les copeaux de bois dans le garnissage des biofiltres. Cela permet d’avoir des filtres plus durables et de récupérer des matières destinées à l’enfouissement. Les résidus de béton issus de la déconstruction de l’anneau de glace de Sainte-Foy sont d’ailleurs utilisés dans les biofiltres de l’usine de Lévis de Sanimax.

Le choix de ce nouveau matériau double toutefois le poids des biofiltres. Le défi technique le plus coûteux et le plus complexe a été de s’assurer que la structure puisse tenir le coup. « Au départ, son remplacement complet a été envisagé, confie Benoit Fiset, gestionnaire de projets industriels à Sanimax. Mais l’ajout de nouvelles poutres a permis de solidifier la structure et de prolonger sa durée de vie. »

Le moteur de l’innovation

Le projet représente un investissement de 660 000 dollars, mais permettra à Sanimax d’économiser 100 000 dollars par année pour le fonctionnement et l’entretien des biofiltres. Ces derniers sont aussi plus efficaces pour réduire les émanations d’odeurs, ainsi que pour filtrer des gaz tel l’ammoniac et le sulfure d’hydrogène.

Sanimax travaille continuellement sur des projets d’innovation. « Nous souhaitons nous démarquer par notre approche plus verte et réduire notre empreinte écologique », souligne Éric Caputo. L’entreprise développe aussi des formulations innovantes pour ses clients, comme des farines à haute teneur en protéines utilisables dans la nourriture animale.

Le CRIQ est souvent mis à profit, par exemple dans des projets liés à l’environnement ou à la modernisation de la production. Tant l’entreprise que le centre de recherche sont ravis de cette collaboration. « En innovation, 80 pour cent de la réussite tient aux relations humaines, soutient Nicolas Turgeon. La confiance réciproque qui existe en le CRIQ et Sanimax est très productive. »